Décentralisation de la santé: les acteurs se concertent dans un forum

AGIL en collaboration avec le projet CIHGorganisé les 25 et 26 mars 2019 à Conakry à l’hôtel Riviera Royal un Forum National sur la Décentralisation du Secteur de la Santé en appui au Programme National des Commune de Convergence du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation avec l’appui technique de AGIL. La cérémonie a connu la participation de 131 personnes représentants des élus locaux, des députés, des administrateurs territoriaux, des Directeurs préfectoraux de la santé, des Directeurs de microréalisations, des membres des COSAH (Comités de Santé et d’hygiène) des organisations de la société civile, des médias et des partenaires techniques et financiers. Etaient aussi présents, l’Ambassadeur des Etats Unis et les officiels de l’USAID ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La cérémonie d’ouverture a enregistré l’intervention du représentant des organisateurs. Le Directeur de AGIL après son souhait de bienvenu et de présentation des objectifs du Forum a tenu à remercier l’USAID pour son accompagnement financier dans le cadre du projet de participation des citoyens à la gouvernance de la santé et FHI360 pour son appui technique. Ensuite, ce fut l’allocution de Son Excellence l’Ambassadeur des Etats-Unis qui a mis un accent sur la nécessité d’amélioration de la gouvernance et le renforcement de la participation des citoyens à la gouvernance de santé. Son Excellence l’ambassadeur a réitéré l’engagement du Gouvernement Américain a accompagné la Guinée dans ses reformes afin d’améliorer la gouvernance dans les secteurs sociaux, notamment en santé.

Cette allocution a été suivie du Président de la commission santé de l’Assemblée Nationale qui a fait un aperçu sur l’état actuel des structures de santé qui ont fait l’objet d’une visite des députés qui a été appuyé par le projet CIHG.

Monsieur le Ministre d’Etat Ministre de la Santé en prenant la parole, a mis l’accent sur le progrès enregistré dans le secteur de la santé avec l’implication des communautés dans la gestion des questions sanitaires, il a réitéré l’intérêt qu’accorde le Ministère de la Santé aux communautés dans le cadre de l’amélioration de prestation des services de santé aux populations, tout en mettant l’accent sur la fidélisation du personnel de santé dans les communes.

Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, dans son allocution d’ouverture, a tout d’abord demandé aux participants d’observer une (1) minute de silence à la mémoire du Feu Babadi YOULA, Directeur National des Affaires Politiques décédé par suite d’arrêt cardiaque le 24 Mars 2019.

Monsieur le Ministre, a rappelé la mission du PNACC dans le dispositif de développement local initié par le Gouvernement guinéen conformément à la Lettre de Politique Nationale de la Décentralisation et de Développement Local (LPN-DDL), il a aussi rappelé l’objectif du PNACC en lien avec le  Plan National de Développement Economique et Social (PNDES), traduisant  la matérialisation de la décentralisation sectorielle notamment la santé, l’éducation, etc.La mise en place d’une Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales (ANAFIC) est une volonté manifeste du Gouvernement  pour accompagner les collectivités locales dans leur élan de développement durable. Il a réitéré  l’engagement du gouvernement à faire de la santé une préoccupation nationale.

Avant de déclarer ouvert les travaux dudit forum, Monsieur le Ministre de la Décentralisation a vivement remercié l’USAID pour son appui financier pour la mise en œuvre  du projet CIHG, les appuis que font l’Ambassade des Etats Unis dans plusieurs autres secteurs et les partenaires techniques que sont FHI360 et son partenaire d’appui au PNACC, AGIL Internationale.

Après la cérémonie d’ouverture, les travaux du forum se sont articulés autour des thématiques ci-dessous en panel qui sont :

  • Panel 1 : Gouvernance de la santé ;
  • Panel 2 : Participation / Engagement citoyen ;
  • Panel 3 : Financement de la santé ;
  • Panel 4 : Rôle des acteurs dans la gouvernance sanitaire ;
  • Panel 5 : Programme National d’Appui aux Communes de Convergence.

Chaque panel a été animé par des experts panelistes avec une participation effective de l’ensemble des invités aux débats qui ont suivi chacune des différentes communications.

Les échanges très enrichissants entre les participants ont débouché sur une série de recommandations notamment :

  • Diligenter la signature des textes conjoint d’application des compétences transférées notamment en santé ;
  • la prise en compte par les collectivités locales les charges de fonctionnement des centres de santé ;
  • Renforcer les capacités des acteurs pour une même lecture des textes liés à la décentralisation de la santé ;
  • Procéder à une adéquation entre besoins et offres en matière d’approvisionnement en médicaments essentiels ;
  • renforcer la collaboration entre les conseils communaux et les plateformes de la société civile.
  • la relecture de la Loi 013 relative aux ONG et mouvements associatifs en vue de son adaptation au Contexte actuel pour renforcer la gouvernance et la participation des citoyens à la gouvernance de la santé ;
  • Identifier les causes profondes de non fonctionnalité des COSAH et mettre en place des mécanismes pérennes de motivation ;
  • Renforcer la collaboration entre les élus locaux et les OSC comme des partenaires ;

Aux autorités administratives 

Aux Ministère en  charge des collectivités locales et de la santé en collaboration avec les Partenaires Techniques et Financiers :

  • de ne plus laisser les agents de santé indélicat traumatisés les populations ;
  • de créer une ligne budgétaire au sein du Ministère de la santé pour l’amélioration des conditions de vie des communautés.
  • assurer la formation des nouveaux élus en coopération décentralisée et jumelage ;
  • vulgariser la politique nationale de la santé communautaire à l’intention de l’ensemble des acteurs concernés et aider les Maires à s’en approprier ;
  • capitaliser les bonnes pratiques sanitaires ;
  • de respecter la fonction de coordinateur de l’ensemble des services déconcentrés de l’Etat assurée par les Gouverneurs et les Préfet.

Aux Maires et Administrateurs territoriaux

  • veiller à l’inscription des besoins prioritaires des communautés en matière de santé dans les Programmes Annuel d’Investissement (PAI) partant des conclusions du diagnostic socio-économique local (DSEL).
  • d’entretenir un partenariat fécond avec les médias de proximité (publics et privés) afin de procéder à une communication constante de qualité répondant aux ressentis des populations ;
  • de prioriser la diffusion des informations en langues du terroir ;
  • de responsabiliser les élus locaux dans la prévention et la gestion des maladies à potentiel épidémiologique ;
  • de mettre en place au tant que faire se peut des clubs amis des médias dans toutes les communes de convergence ;

les engagements pris :

le Ministère de l’Administration du Territoire  et de la Décentralisation :

  • Accélérer la signature d’un document conjoint avec le Ministère de la sante sur l’exercice de la santé communautaire par ceci ;
  • Renforcer les capacités des nouvelles élus sur la sante communautaire et la redevabilité afin d’accroitre leur responsabilisation, gage d’une participation des citoyens à la base ;
  • Renforcer le plaidoyer en faveur l’accroissement de la participation des organisations de la société civile dans la gouvernance sanitaire ;
  • Vulgariser le code des collectivités afin de favoriser sa compréhension et l’implication des organisations de la société civile, des medias et des citoyens à la base pour l’appui aux élus dans l’exercice de la santé communautaire ;
  • Mettre en place un comité de suivi de la mise en œuvre de l’ensemble des recommandations issues du forum ;

 le Ministère de la santé

  • Accélérer la signature de texte conjoint avec le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pour la mise en œuvre de la santé communautaire par les collectivités locales ;
  • Renforcer la participation des organisations de la société civile dans la gouvernance de la santé à travers leur implication dans les espaces de planification et discussion (CTPS) Comité Technique Préfectoral de Santé et (CTRS) Comité Technique Régional de Santé) ;
  • Mettre en place un programme de renforcement de capacité des élus locaux sur la santé communautaire ;
  • Vulgariser la politique nationale de la santé communautaire afin d’accroitre la participation des organisations de la société civile, des médias et des citoyens à la base dans la santé ;
  • Participer aux suivis des recommandations du présent forum ;

La cérémonie de clôture a été immédiatement suivie par un point de presse conjointement animé par le Président de la Commission santé de l’Assemblée Nationale, les Ministres de la Santé, de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Devant les hommes des médias, les deux ministres se sont d’abord réjouis de la tenue de ce forum, qui, selon eux, a permis aux différents acteurs à la base de comprendre le rôle de chacun dans la gouvernance de la santé en Guinée.

L’objectif de ce point de presse était de partager avec les médias quelques points d’ombre sur le Forum et des initiatives en cours pour une meilleure collaboration entre les administrateurs territoriaux, les élus et les professionnels de la santé.

A l’entame de son intervention, le ministre de l’administration du territoire a salué la qualité des échanges et des recommandations. Cependant, il a exprimé sa crainte sur la recommandation concernant la révision de la loi L013 régissant la vie associative en Guinée. Le Général Bouréma CONDE, a souligné que les pratiques antérieures de certaines organisations amènent son département à vérifier minutieusement les différentes demandes d’agrément. Telle la principale raison du retard dans la délivrance des agréments aux associations ces derniers années, a en croire le ministre CONDE.

Pour sa part, le ministre de la santé a rappelé aux élus locaux que les services de santé à la base sont une propriété des collectivités. C’est dans cette dynamique qu’il a invité les différents élus locaux à s’impliquer désormais dans les activités liées de ces services. Sur la question du payement du salaire des agents de l’Etat mutés dans les collectivités, le  ministre LAMAH a annoncé que son département travaille depuis un certain temps avec  la fonction publique pour ramener le salaire des professionnels de la santé au niveau local. Il affirme que cela est un long et vaste processus qui au final permettra aux collectivités ainsi que le ministère de maintenir les agents sur place et d’être payé selon la performance et travail réalisé sur le terrain.

Ainsi les questions des journalistes étaient essentiellement axées sur les points ci-après :

  • Le chronogramme des activités du ministère de la santé
  • La place de la médecine traditionnelle dans la gouvernance santé
  • L’octroi des 15% du revenu minier aux différentes collectivités
  • Les critères de choix des 40 communes de convergences et comment élargir cette initiative sur le reste des communes du pays

Au titre du premier point, le ministre de la santé a répondu que son département élabore chaque année un programme lui permettant de faire les campagnes de vaccination dans tout le pays. Le ministre a mis l’occasion à profit pour rappeler aux journalistes que le vaccin administré aux élèves dans certaines écoles provoquant des effets secondaires ne tue pas. A ce jour aucun cas de décès n’a été enregistré a-t-il affirmé.

Quant au deuxième point, le ministère de la santé est préoccupé par la médecine traditionnelle car, selon Dr. Edouard LAMAH, de nombreux patients font recours à cette pratique. Malgré l’existence d’une direction en charge de cette branche de la médecine, de nombreux citoyens profitent des patients et s’enrichissent illégalement sur le dos de ces derniers. Pour le ministre de la santé la dénonciation de ces actes permettra au ministère de mieux gérer ce secteur en mettant fin aux mauvaises pratiques.

Le ministre de l’administration dans la réponse du troisième point, indique que les 15% sur le revenu minier est une volonté du chef de l’Etat et non une prescription de la loi. Plus loin il précise que c’est une manière pour les autorités d’appuyer les collectivités à mieux financer leur plan annuel d’investissement.

Quant aux critères de choix des communes de convergence, le ministre Bouréma CONDE affirme que les 40 communes ont été choisies selon leur vulnérabilité face de certaines en termes de santé et des potentiels économiques pour d’autres. Plus loin il soutient que cette initiative sera élargie à d’autres communes de la Guinée au fur et à mesure dans les prochaines années.

Pour terminer les deux ministres de la santé et de l’administration du territoire et de la décentralisation ont apprécié la qualité des échanges et la pertinence des questions posées par les journalistes. Ce point de presse s’est déroulé en présence d’une quinzaine de journalistes.

Service Com AGIL

Framingham: The study and the town that changed the health of a generation

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